Dosso/Deuxième Session de la Semaine Pastorale de l’Espace KADO : Quatre jours d’intenses travaux sanctionnés par des recommandations

La cité de Dosso a abrité du 26 au 29 juillet 2022, la deuxième édition de la semaine pastorale de l’Espace KADO.

En effet, il s’est agi d’une rencontre entre les organisations  pastorales, agricoles et de la société civile  des trois pays à savoir le Niger (région de Dosso), le Benin (departement d’Alibori)  et le Nigeria (Kebbi state) afin de discuter et de s’accorder sur l’utilisation commune de l’espace KADO par les transhumants de ces pays.

Il faut aussi noter la participation des autorités administratives, des responsables des services techniques  du Benin, du Nigeria et de la région de Dosso, ainsi que des coordonnateurs des projets et programmes.

Voulant mieux comprendre l’objectif de cette semaine pastorale, Nous nous sommes adressés à Monsieur Donatien Zinsou Migan qui est  venu du departement d’Alibori, république du Benin.

M. Donatien Zinsou  Migan DDAEP de l’Alibori

Dans cette interview, Donatien Zinsou Migan, le Directeur départemental de l’agriculture, de l’élevage et de la pèche de l’Alibori  explique que cette deuxième session  de la semaine pastorale est importante pour l’espace KADO, c’est à dire l’espace transfrontalier entre le trois pays, le Niger, le Nigeria et le Bénin.

Par  KADO, il faut entendre  Kebbi state de la république fédérale du Nigeria, le département de l’Alibori au BENIN et la région de Dosso au Niger.

Cette rencontre de tous les acteurs à Dosso, selon lui, permet  de parler de la mobilité des animaux dans le pastoralisme.

 La production animale est très importante autant sur le plan économique des différents pays que pour la santé, l’alimentation et sur le plan nutritionnel, a-t-il ajouté.

 Mais cette activité de production animale issue du bétail, poursuit-il, engendre la mobilité car dans l’espace CEDEAO, les ressources naturelles sont des ressources partagées.

 C’est cette mobilité que nous appelons transhumance et  lorsque c’est entre deux  ou plusieurs états c’est la transhumance  transfrontalière, a-t-il rappelé.

Monsieur Donatien Zinsou Migan a affirmé que cette mobilité inter Etats crée souvent des problèmes tels que les conflits entre agriculteurs et éleveurs malgré toutes les dispositions, toutes les mesures  que les différents pays prennent.

«Malheureusement il y a toujours ces difficultés, ces conflits lors des campagnes de transhumance et cela devient un peu récurrent. »

A l’issue de cette deuxième Edition de la semaine pastorale,  plusieurs recommandations  ont été rendues publiques et que les différentes autorités qualifiées  des trois pays ont pris des engagements pour le respect de ces recommandations, a noté le Directeur départemental de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche de l’Alibori au micro de NIGER TIMES.

D’ailleurs, il en appelle aux différentes parties prenantes qui sont  les éleveurs et leurs organisations, l’Etat, les agriculteurs, les juristes, les  organisations de société civile pour qu’ils mutualisent leurs efforts  dans la mise en œuvre de ces recommandations et réduire de façon significative  les sources des conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Il faut reconnaitre que ces acteurs  ont un rôle principal à jouer et qu’ils ont participé à cette réunion.

Il faut donc  intensifier les sensibilisations au niveau de la base parce que les éleveurs et les agriculteurs sont appelés à vivre ensemble, leur cohabitation  est nécessaire en ce sens  qu’ils exploitent le même patrimoine « TERRE », renchérit-il tout en indiquant que les ressources naturelles sont importantes pour les éleveurs et leur cheptel autant c’est important pour les agriculteurs.

Il faut donc retenir que la transhumance transfrontalière engendre des conflits.

Dans certains cas,  dit-il,  la charge fourragère n’est pas toujours au rendez-vous avec les perturbations climatiques qui interviennent.

Or si les espaces fourragers, de façon générale,   sont  mal utilisés  cela pourrait créer des problèmes au niveau même des charges fourragères  c’est-à dire  la quantité d’aliments ; donc c’est normal que chaque pays pense d’abord à sauvegarder un peu cette charge et à éviter des conflits, a-t-il conclu.

Après la Concertation de haut niveau sur la sécurisation des activités pastorales dans la zone de Kebbi au Nigeria, Alibori au Benin et Dosso république du Niger, un communiqué final a été émis par les participants de Dosso

C’est un Communiqué final à l’initiative conjointe de la CEDEAO, du CILSS et sur invitation du Gouverneur de la région de Dosso, Monsieur Albachir Aboubacar.

 Organisée le vendredi 29 juillet 2022, une concertation de haut niveau sur la sécurisation des activités pastorales dans la zone transfrontalière de  la région  de Dosso en république du Niger, l’Etat fédéré de Kebbi en république du Nigeria et le departement d’Alibori en république du Benin.

L’objectif de la concertation de haut niveau est  de dynamiser la commission transfrontalière sur le pastoralisme dans la région de Kebbi, Alibori et Dosso.

 Elle a été placée sous le haut patronage de Mr Albachir Aboubacar, Gouverneur de la région de Dosso.

-session de dialogues entre les OP et   agents des institutions assermentées au sein de la réunion des experts, les autorités des trois collectivités présentes à la consultation ont adressé  des conclusions et des recommandations soumises à leurs attentions.

Elles ont remercié la commission de la CEDEAO, le CILSS et les OPR pour l’appui technique qu’ils ont apporté à la tenue de cette importante rencontre. Les autorités se sont préoccupées des contextes difficiles dans lesquelles s’est déroulée la campagne  agro sylvo pastorale 2021-2022.

 Elles ont déploré une contrainte d’ordre sécuritaire, celle liée aux changements climatiques qui complexifie l’exercice de cette importante activité transfrontalière.

 A cet effet,  les autorités se sont félicitées  des mesures  d’accompagnement  déployées  par les trois ateliers des effets de déficit de voyage, l’insécurité et de la prévalence des maladies transfrontalières. Les autorités ont exhorté les différentes parties prenantes  , notamment les éleveurs, les agriculteurs et les organisations de la société civile  ainsi que les autorités locales à ménager aucun effort pour renfoncer les actions appréhendées  de mise en œuvre avec l’appui des partenaires et des états en vue de  sécuriser le pastoralisme de l’investissement transfrontalière KADO. Les autorités se sont également préoccupées de la persistance du conflit entre éleveurs et agriculteurs, conflit amplifié non par la reconnaissance des textes mais surtout le non-respect et la non application de la règlementation en vigueur dans chacun des trois pays concernés.

A cet effet, elles exhortent les responsables d’OP d’éleveurs et des agriculteurs à renforcer la sensibilisation de leurs membres sur les conditions de la mobilité du cheptel.

Entraine aussi de faire respecter par les services sur leurs juridictions la règlemention   en vigueur notamment celle relative au  foncier en  générale et  au pastoralisme en particulier.

Les autorités des régions transfrontalières des trois pays réaffirment  leurs engagements respectifs à parachever et adopter le programme régional d’intégrer  la sécurisation du pastoralisme en cours de formulation.

Elles s’engagent à une prompte collaboration avec la CEDEAO et le CILSS à mobiliser les appuis financiers et techniques des partenaires au développement dans le financement et la mise en œuvre et le suivi  du programme.

-Elles  s’engagent à créer les conditions d’une meilleure  collaboration entre les différents acteurs impliqués dans les activités agros pastorales pour renforcer la cohésion sociale.

De façon spécifique les hautes autorités insistent sur les recommandations suivantes :

À l’endroit de l’Etat et les partenaires au développement.

-poursuivre des efforts de planification des infrastructures hydrauliques-agropastorales,

-renforcer des actions visant une meilleure connaissance de la capacité d’échange de l’espace transfrontalière KADO.

-procéder au recensement systématique de couloirs de transhumance et leur  sécurisation

-faciliter et encourager les cultures fourragères.

-faire respecter les textes qui garantissent  leur entrée en vigueur.

À l’endroit des OP

-intensifier la sensibilisation et la  formation de leurs membres sur les textes règlementant la mobilité du cheptel dans la région et dans le pays concerné.

-renforcer les campagnes d’information des pasteurs sur les conditions à respecter lors de la transhumance.

   -développer une veille informationnelle pour amener les Etats à être proactifs dans la mise en œuvre des actions d’accompagnement en cas des crises pastorales.

A l’endroit de la CEDEAO et du CILSS.

-procéder à la vulgarisation des outils de formation et de sensibilisation…

-appuyer les acteurs locaux dans la mobilisation des ressources financières  des actions qui concourent au renforcement de la résilience des populations de l’espace KADO.

Enfin de renforcer la concertation entre les parties prenantes et d’assurer un meilleur suivi de la mise en œuvre des recommandations issues de cette concertation, les hautes autorités s’engagent à mettre un comité ad ’hoc  mixte de 05 membres dont les trois responsables des services régionaux de l’élevage, le responsable de L’OPN, le secrétaire général de la région de Dosso président  du comité.

A l’issue de la réunion les participants expriment leurs profondes gratitudes aux autorités de la région de Dosso.

Issa Moussa & Mahamadou Salaou

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