Réunion Annuelle des responsables centraux et déconcentrés du Ministère de l’éducation nationale à Dosso Comment appliquer les réformes aux différents défis de l’école Nigérienne

Placée sous le thème «  Quelles réformes pour relever les défis de la qualité et de la gouvernance de l’éducation au Niger ? », la première réunion annuelle des responsables centraux et déconcentrés du Ministère de l’éducation nationale sous le règne du président Bazoum Mohamed se tient à Dosso du 27 au 30 Décembre 2021.
C’est dans la salle prestigieuse des conférences de l’Hôtel Toubal que les cadres de l’éducation nationale convergent au tour du Ministre en charge de l’éducation nationale, Monsieur Ousmane Rabiou qui préside les travaux, en présence des conseillers en éducation de la présidence et de la primature, le Gouverneur de la région de Dosso, le président du conseil régional, des cadres de commandement, des Maires de la région, des conseillers techniques , ainsi que des hauts fonctionnaires de l’éducation nationale , des acteurs de la société civile et des syndicats du secteur.
L’objectif visé par la présente rencontre est de dresser le bilan des actions menées durant le premier trimestre de l’année en cours et de trouver des perspectives pour le restant de l’année et au-delà.
Ainsi, lors des travaux qui dureront quatre jours, les participants auront à débattre sur la problématique des infrastructures scolaires, l’organisation des examens et évaluations, la mise en œuvre de la réforme curriculaire, les contrats de performances, les résultats de l’audit organisationnel des ENI et de l’INS, l’éducation en situation d’urgence, la collecte et la remontée des données statistiques, etc.
Après le mot de bienvenue du Maire de la commune urbaine de Dosso, Monsieur Abdou Madougou, le Gouverneur de la région, Monsieur Albachir a indiqué dans son allocution qu’aujourd’hui l’école Nigérienne est à la croisée des chemins.
Selon le Gouverneur de la région de Dosso, le faible niveau de participation et d’achèvement des programmes ainsi que la faible qualité des résultats d’apprentissage constituent un frein au développement de ce sous-secteur.
Autant de défis qui se pointent malgré tous les efforts consentis par l’Etat et ses partenaires pour contribuer à l’amélioration du système éducatif du Niger.
En effet, le sous-secteur de l’éducation connait plusieurs défis, a noté le Ministre Ousmane Rabiou lors de son discours d’ouverture.
Ces défis sont liés à l’accès, à la qualité et à la gouvernance, a-t-il ajouté.
Pour ce qui est de l’accès, le Ministre a fait cas d’une faible couverture au niveau du préscolaire, du primaire et au secondaire.
Aussi, il a souligné la persistance des disparités sociales et géographiques notables en défaveur des filles, des ruraux et des populations pauvres.
Un autre défi non négligeable à ce niveau reste et demeure l’offre d’alphabétisation des adultes qui reste à désirer et la faible prise en charge des enfants hors école, a dit Ousmane Rabiou qui déplore aussi l’insuffisance d’infrastructures scolaires appropriées car, selon lui, plus de 40% des salles de classe sont en paillote et que les tables-bancs sont souvent en quantité insuffisante.
Quant aux défis qui tenaillent la qualité de l’éducation, ils sont encore plus criards, a lancé le Ministre attirant du coup l’attention de tous les acteurs qui sont les parents, les enseignants, les partenaires techniques et financiers et les gestionnaires.
Il poursuit en affirmant que le niveau des acquis des élèves est faible en fin de cycle et que le temps scolaire effectif sur l’année scolaire est très insuffisant.
C’est ce qui l’amène à illustrer ses propos avec les résultats de l’évaluation PASEC 2019 selon lesquels seuls 31,60 % des élèves en début de cycle primaire ont atteint le seuil suffisant contre 30% des élèves en fin de cycle.
Les résultats ne sont pas reluisants au secondaire non plus.
A considérer les taux de réussite aux examens du BEPC et du Baccalauréat, respectivement 20,5% et 22,75% en 2021 contre 30% et 25% en 2019, l’on se doit de questionner la qualification des enseignants du secondaire qui , en majorité , n’ont pas reçu de formation initiale adéquate.
Au plan de la gouvernance, le diagnostic a relevé les défis suivants :
Une difficulté à rationaliser la gestion des enseignants particulièrement au primaire où le corps-enseignant se féminise progressivement et a tendance à se concentrer dans les centres urbains au détriment du milieu rural ;
Un nombre insuffisant des enseignants dans les disciplines scientifiques au secondaire ;
Une insuffisance des textes régissant l’enseignement privé et un laxisme qui caractérise le contrôle de l’application des textes existants ;
Une persistance de pratiques frauduleuses lors des inscriptions des élèves et de l’organisation des examens de fin d’année scolaire ;
Un non-respect des textes et de la hiérarchie à tous les niveaux de la chaine administrative.
A ces défis internes, le Ministre de l’éducation nationale a ajouté d’autres de type externe, notamment le contexte sécuritaire et la pandémie de la covid-19 entrainant la fermeture des écoles, il y a aussi l’insécurité alimentaire dues aux alinéas climatiques qui traduit les absentéismes et les abandons scolaires, et tout récemment les incendies meurtriers et accidentels qui sèment la panique à tous les niveaux.
Cependant, le Gouvernement a introduit des réformes pour pallier ces problèmes.
Celles qui sont en cours de mise en œuvre sont , la poursuite de la réforme curriculaire, la restructuration des écoles normales de formation initiale et continue pour les conformer aux besoins quantitatifs et qualitatifs en enseignants et encadreurs du préscolaire, du primaire et du secondaire, le recrutement direct d’enseignants des disciplines scientifiques au nombre de 344 et de 2150 autres diplômés de master en sciences de l’éducation, le remplacement progressif des salles de classe en paillote par des salles en matériaux définitifs, l’accélération de la scolarisation de la jeune fille à travers le programme du Président de la République avec la construction des internats pour jeunes filles, l’introduction numérique à l’école dans l’optique de combler le déficit en supports pédagogiques, d’améliorer les pratiques pédagogiques et de promouvoir la formation à distance, l’amélioration du cadre juridique de l’enseignement privé et le renforcement du dispositif de contrôle pour amener cet important sous-secteur à mieux jouer sa partition au service d’une offre éducative plus élargie et de bonne qualité, l’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption sous toutes ses formes,
C’est dire que le Ministre de l’éducation nationale, Monsieur Ousmane Rabiou a donné de la matière à ouvrir très rapidement les discussions auxquelles conduiront à des conclusions pertinentes.

Issa Moussa & Mahamadou Salaou