Colloque international organisé par le CSC à Niamey pour ses trente ans de régulation au Niger : Cette rencontre de haut niveau est placée sous le thème « Régulation des médias à l’ère du numérique : presse en ligne, réseaux sociaux et diffusion satellite ».

« L’objectif pour nous est de réunir, des régulateurs des médias, des chercheurs et universitaires, des praticiens et acteurs des médias afin d’analyser les défis auxquels nous faisons face à l’ère du numérique et le choc avec les réseaux sociaux » Dixit Dr Kabir Sani, le Président du CSC.
Le centre de conférence international Mahatma Gandhi de Niamey a abrité la cérémonie d’ouverture du colloque international qu’organise le Conseil Supérieur de la Communication CSC pour ses trente(30) ans de régulation au Niger.
C’était vraiment un évènement d’envergure internationale, avec la participation des experts internationaux et nationaux, des délégations des instances de régulation des médias venant du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la France, du Ghana, du Mali, de la Mauritanie, du RDC Congo, du Sénégal, du Tchad, du Togo et de la Tunisie sans oublier les entreprises de presse du Niger qui ont envoyé leurs représentants et les Organisations de la Société Civile .
Cette cérémonie, il faut le dire, est placée sous la présidence du Premier Ministre et financée par des partenaires du CSC (EISA, U.E et la DDC).
C’est le Maire central, Président du conseil de ville de Niamey, qui prend la parole en premier.
Pour l’honorable Oumarou Moumouni Dogari, la ville de Niamey, capitale du Niger, est heureuse d’accueillir ce grand rendez-vous des acteurs de la régulation des médias, dans le cadre de la commémoration du 30ème anniversaire du Conseil Supérieur de la Communication.
« Monsieur le Président du CSC, je tiens ici, à exprimer toute ma gratitude à l’endroit de votre institution, pour sa contribution à faire de Niamey un pôle de rencontres, dans un domaine aussi résonnant que celui des médias et de la communication, dit-il en substance.
Pour le Directeur résident d’EISA, après trente ans de régulation des médias jalonnés de fortunes diverses, l’heure est au bilan.
Mais, dit-il, ce bilan doit prendre en compte entre autres préoccupations, les défis actuels de la régulation.
Selon lui, Il s’agit notamment de l’élargissement du paysage médiatique, la transition vers le numérique, la convergence technologique, la dépénalisation des délits de presse, etc… d’où le thème de ce colloque auquel sont associés les organes de régulation de nombreux pays frères et amis.
Par conséquent, il ne doute point de l’action combinée des uns et des autres qui permettra d’aboutir à un bilan sans complaisances des enjeux et de la pratique de la régulation en République du Niger.
Pour le représentant du premier ministre, Mr Zada Mahamadou qui est le Ministre de la communication chargé de relations avec les institutions, la démocratie est corrélée à la liberté de la presse.
C’est pourquoi, il rappelle que dans la déclaration de la politique générale du gouvernement, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement a pris l’engagement de poursuivre les efforts de renforcement de la liberté de la presse pour consolider l’Etat de droit et les institutions républicaines.
Mahamadou Zada est convaincu que la liberté de la presse constitue l’une des priorités du Président de la république et du Gouvernement car il n’y a pas de démocratie sans liberté de la presse.
C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement n’a cessé de redoubler d’initiatives pour améliorer l’environnement professionnel de l’exercice du métier de journaliste, a-t-il indiqué.
En plus, l’Etat a créé un fonds pour aider les médias privés à travers des appuis matériels et à la formation des journalistes et employés des médias, a –t-il ajouté.
Le gouvernement entend contribuer davantage à l’amélioration de l’environnement juridique et économique afin de créer de nouvelles conditions d’émergence des entreprises de presse au Niger, dixit le Ministre de la communication.
Malgré tout, nous ne devons pas dormir sur nos lauriers avec l’avènement et le développement croissant des technologies de l’information et de la communication qui imposent de nouvelles mœurs journalistiques, a-t-il martelé.
Cela oblige l’Autorité de Régulation et le Gouvernement à actualiser le cadre juridique pour tenir compte de ces nouveaux outils, de leur instantanéité, de leurs contenus qui ne sont pas toujours en phase avec les exigences éthiques et déontologiques de la profession des journalistes et celles de la sécurité publique, a-t-il ajouté avant de souligner que la transition vers le numérique crée de nouveaux médias qui, à l’heure actuelle, ne sont pas pris en compte dans le corpus juridique existant.
C’est dire que les contenus diffusés par satellite, internet ou par la voie du téléphone mobile, pour ce qui est des réseaux sociaux, échappent au régulateur et aux textes nationaux du fait qu’ils sont conçus ailleurs.
Le mobile est à la base du développement des réseaux sociaux, un domaine qui échappe au régulateur, et dont il est absolument nécessaire d’encadrer au regard des abus et dérives de tous ordres qui menacent la paix et la cohésion sociales, explique le représentant du Premier Ministre.
Tels qu’ils fonctionnent, dit-il, les réseaux sociaux sont aussi une menace grave contre les médias qui perdent progressivement leur capacité de contrôler l’information servie au public mais aussi leur influence dans l’espace public.
Le Gouvernement entend travailler avec tous les acteurs concernés, en particulier le CSC, pour l’avènement d’un écosystème médiatique plus dynamique et plus résilient dans un contexte marqué par de défis divers, a-t-il conclu avant de déclarer l’ouverture de la cérémonie.
Pour le président du CSC Dr Kabir Sani, Ces mutations fulgurantes nées des évolutions technologiques de l’information et de la communication, imposent à leur niveau de nouvelles approches, de nouvelles stratégies d’adaptation en vue d’assurer le suivi d’un parc informationnel de plus en plus croissant et dont les supports de diffusion échappent souvent au contrôle des régulateurs.
Aujourd’hui, de grands défis se posent à nous régulateurs des médias, a indiqué Kabir Sani qui soutient que partout dans le monde les journalistes, les professionnels ne sont plus les seuls à avoir le monopole de l’information et de son traitement.
La crédibilité de la profession, il faut le dire, est menacée tandis que les entreprises de presse dépassées par la rapidité des mutations cherchent à survivre, a-t-il noté.
Il s’avère donc nécessaire de réfléchir pour créer la résilience numérique des médias, renchérit-il.
Au Niger, que de chemin parcouru, après trente ans de régulation des médias, jalonnés de fortunes et d’infortunes diverses.
D’un parc de deux télévisions, une dizaine de radios et une vingtaine d’organes de presse à réguler avec des moyens techniques de monitoring très limités jusqu’aux années 2000, le Conseil Supérieur de la Communication doit assurer aujourd’hui le suivi de plus de 250 radios disséminées à travers le territoire national, seize télévisions, une soixantaine d’organes de presse écrite et une vingtaine d’organes de presse électronique, et ce , dans un contexte du numérique et de l’internet, explique le président du CSC.
Cela constitue, à n’en point douter, un grand défi.
C’est pourquoi le CSC a décidé de célébrer le 30ème anniversaire de sa création, à travers l’organisation, à Niamey, de ce colloque international sur le thème : « Régulation des médias à l’ère du numérique : presse en ligne, réseaux sociaux et diffusion par satellite » a dit le Président du CSC qui marque toute sa gratitude aux participants et aux partenaires.
HAMIDOU SALEY Mouhamed

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