Atelier / Conseil National du Patronat du Niger : Sensibiliser les Employeurs sur la lutte contre le travail des enfants

A l’occasion de la journée internationale de l’enfant Africain, le Conseil National du Patronat du Niger CNPN a organisé un atelier de sensibilisation des employeurs sur la lutte contre le travail des enfants, dans la salle des réunions de l’hôtel Sahel de Niamey où plusieurs promoteurs de sociétés privées membres du conseil national du Patronat du Niger et des partenaires ont répondu à l’invitation du président Saley Seybou.

La cérémonie d’ouverture officielle de l’atelier d’une journée a été placée sous la présidence du Secrétaire général adjoint du Ministère de l’emploi, du Travail et de la Protection sociale, Monsieur Abdoul-Razak Dan Rani, représentant le Ministre empêché.

La date du 15 juin 2021 a été choisie pour tenir ladite activité, une façon pour les organisateurs de contribuer à la promotion d’une telle commémoration annuelle mais aussi et surtout attirer l’attention des employeurs sur la nécessité de bannir à jamais le travail des enfants.

Le travail forcé constitue aujourd’hui un fléau de portée mondiale malgré les nombreuses conventions de l’organisation internationale du Travail OIT, notamment la convention 138 et la 182 ratifiées par la plupart des pays membres dont le Niger, ainsi a entamé Monsieur Saley Seybou son mot de bienvenue.

Il poursuit en affirmant que l’Organisation Internationale du Travail OIT déclare l’année 2021 comme une Année internationale de l’élimination du travail des enfants et qu’à l’heure actuelle cent soixante (160) millions d’enfants subissent les pires formes de travail dans le monde.

Selon le président du Conseil National du Patronat du Niger, cette situation a surtout touché les pays Africains et plus profondément ceux du Sahel où l’insécurité, la pandémie de covid-19 et la pauvreté constituent un handicap non négligeable.

Au Niger, quatre régions sont concernées par cette situation sécuritaire, il s’agit de Diffa, Tahoua, Tillabéry et Maradi, s’exclame le président du CNPN.

Par ailleurs, il a aussi noté que dans certaines zones du Niger, « il n’y a plus d’école pendant que le nombre des déplacés internes et des réfugiés augmente chaque année « tout en soutenant que cet état de fait a eu pour conséquence l’utilisation des enfants pauvres par des parents pour satisfaire leurs besoins alimentaires.

C’est pourquoi, Monsieur Saley Seybou pense qu’il faut interpeller les gouvernants, les organisations d’employeurs, les organisations des travailleurs, la société civile, les parents d’élèves et les partenaires de l’école.

  Pour sa part, le Conseil National du Patronat du Niger CNPN a pris l’initiative de mettre en place un groupe de travail dénommé « Groupe d’Action sur le Travail des enfants. »

Ce groupe a fait un travail remarquable, en analysant la situation dans tous ses aspects et a dressé un certain nombre de propositions pour atténuer le fléau au sein des entreprises membres du CNPN, a souligné le président Saley Seybou.

D’autre part, des recommandations ont été émises, s’agissant de :

  • Sensibiliser les membres à interdire au sein de leurs unités industrielles le travail des enfants ;
  • Mettre un accent particulier sur l’éducation des enfants ;
  • Créer à l’intérieur du pays des points focaux de sensibilisation et de la lutte contre le travail des enfants ;
  • Créer un cadre dynamique d’échange entre les partenaires (syndicats, société civile et gouvernants) ;
  • Demander à l’Etat de créer un fonds de lutte contre le travail des enfants, alimenté par la subvention de l’Etat et les contributions volontaires ;
  • Demander à l’Etat de créer une structure de contrôle et de lutte contre le travail des enfants couvrant tout le pays ;
  • Lutter systématiquement contre la migration des enfants ;

Enfin, le président du Conseil National du Patronat du Niger a adressé ses vifs remerciements aux partenaires pour leur accompagnement conséquent dans cette lutte engagée contre le travail des enfants.

Le Ministère de l’emploi, du travail et de la protection sociale s’engage à accompagner le Conseil National du Patronat du Niger dans leur lutte contre ce fléau au sein des entreprises, a lancé le secrétaire général adjoint dudit Ministère, Monsieur Abdoul-Razak Dan Rani représentant le Ministre empêché.

Aussi, il transmettra les recommandations faites par le Groupe d’Action sur le travail des enfants, a-t-il affirmé en ouvrant officiellement les travaux de l’atelier.

Notons qu’il y a eu une animation culturelle développant le thème de l’atelier à travers un poème et un sketch présentés par des élèves d’une école primaire de Niamey.

Les travaux proprement dits ont démarré après la pause-café avec la présentation des différents panelistes.

Le travail des enfants au Niger, tel est le sujet développé par le représentant du BIT dans son exposé.

Monsieur Ousmane Lalo Mahamane Hamissou a tout d’abord donné une définition de l’enfant avant de démontrer ce qu’est le travail des enfants.

Enfin, il a souligné les Pires Formes de Travail des enfants tout en ouvrant les débats.

Quant au second paneliste, il est ancien syndicaliste et présentement acteur de la société civile évoluant dans une ONG.

Cette présentation a été surtout basée sur les réalités vécues sur le terrain, ce qui a très vite suscité l’intervention des participants à l’atelier.

Plus tard, dans l’après-midi, après la pause déjeuner et prières deux présentations ont suivi :

  • La connaissance des conventions 138-182 et le rôle des employeurs dans ce processus par le représentant du Ministère de l’emploi et de la protection sociale
  • La présentation du représentant de l’Agence Nationale de lutte contre la traite des personnes et du Traffic illicite des migrants.

C’est dire que la qualité des différents panelistes a suffisamment impacté sur la réaction des participants qui ont tantôt posé des questions pertinentes ou contribuer à l’enrichissement des échanges.

En somme, il convient de noter que l’atelier a présenté une opportunité de communiquer largement sur la question du travail des enfants, auquel cas l’accompagnement de l’Etat est très sollicité.

 Prononçant son discours de clôture des travaux, le président du conseil national du Patronat du Niger, Monsieur Saley Seybou a salué la participation massive des employeurs membres du conseil, les partenaires techniques et financiers qui ont accepté de financer une telle initiative, ainsi que les panelistes pour leurs exposés édifiants.

Avant de lever la séance, le président Saley Seybou a tenu à rappeler au Groupe d’Action sur le Travail des enfants que les recommandations doivent parvenir le plut tôt possible à qui de droit.

 

ISSA MOUSSA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *