Sécretaire executif du Conseil national du Patronat Nigérien Boubakari Abdoul Aziz

Entretien avec le secrétaire exécutif du Conseil National du Patronat Nigérien CNPN sur le fonds d’appui de l’Etat au secteur privé : La chambre de commerce ne peut pas jouer le rôle du Patronat

« L’appui a été donné au niveau de la chambre de commerce au nom du secteur privé alors que la chambre de commerce ne peut pas aujourd’hui représenter le secteur privé, elle n’est qu’un démembrement du ministère du commerce. Donc en aucun cas elle ne peut connaitre les véritables problèmes du secteur privé », dixit Boubakari Abdoul Aziz le Secrétaire exécutif du Conseil national du Patronat Nigérien.

Suite à la situation de la  Covid 19 qui a ralenti voire mettre à terre beaucoup d’entreprises du secteur privé,  l’Etat a initié  un appui financier afin de leur permettre de se relever, et de se libérer de l’emprise de la négativité.

Mais l’organe chargé de la gestion de ce  fond de 150 milliards  est contesté par bon nombre d’entreprises privées qui ne voient pas la légitimité de la chambre de commerce à représenter le secteur privé, alors même que le conseil national du Patronat du Niger se sent totalement écarté.

A cet effet,  nos reporters  ont écouté Mr Boubakari Abdoul Aziz, le Secrétaire Exécutif du Conseil National du Patronat du Niger parlant au nom du secteur privé.

Mr Boubakari affirme qu’à leur niveau ils ont apprécié  cette initiative du gouvernement entant que la voix du secteur privé  nigérien seulement, ils ne comprennent rien de la gérance de  cet appui en cours,  sa constitution et le fond.

‘’On ne peut pas dire aujourd’hui qu’on veut apporter un appui, un accompagnement suite à une situation dramatique de covid19,  et dire que les représentants du secteur privé ne vont pas gérer cet appui..’’

L’appui a été donné au niveau de la chambre de commerce au nom du secteur privé alors que la chambre de commerce ne peut pas aujourd’hui représenter le secteur privé, elle n’est qu’un démembrement du ministère du commerce, donc en aucun cas elle ne peut connaitre les véritables problèmes du secteur privé, a –t-il martelé.

 Là si réellement l’Etat veut à ce que les entreprises privées bénéficient de cet appui comme il le faut, il doit être géré par le Conseil National du Patronat du Niger, renchérit-il.

Faut-il rappeler que les représentants des organisations d’employeurs du Niger à travers le CNPN (conseil national du patronat du Niger) et la FOPN (la fédération des organisations patronales du Niger) sont aujourd’hui en contact permanent avec l’ensemble des acteurs du secteur privé ?

Quant à la question de savoir si ce n’est pas une discrimination d’exiger que l’entreprise ait un chiffre d’affaire de 25 millions avant de prétendre au partage de ce fonds , il répond que c’est vrai qu’ils ont  dit 150 milliards en appui aux PME mais pour en bénéficier il faut réaliser un certain  niveau de chiffres d’affaires,  tel que  cela se passe dans les procédures de marché public ;  il y’a toujours ce qu’on appelle les appels  d’offres restreints  qui sont d’ailleurs  toujours mal vus par les entreprises qui ne remplissent pas les conditions mais qui sont déterminés à atteindre aussi leurs  objectifs.

C’est pourquoi nous n’avions pas voulu qu’on parle d’un certain nombre de chiffre d’affaire à atteindre, dit-il. Car,  réaliser un chiffre d’affaire ne dépend pas de la volonté ou de la force de l’entreprise  c’est le marché,  la confrontation de l’offre et de la demande, a –t-il souligné.

Aussi, le système actuel en Afrique implique que toute entreprise qui n’est pas véritablement tournée vers la politique  ne bénéficie pas facilement des appels d’offres et du coup son chiffre d’affaire ne peut pas être vu à la hausse a-t-il ajouté.

Donc nous n’apprécieront pas  ces critères car, dit-il, suite à la  covid 19 toutes les entreprises ont souffert et continuent de souffrir.

Par rapport au  comité qui a été mis en place pour gérer le fond, Monsieur Boubakari affirme que dans un premier temps le CNPN n’a pas été invité, il a fallu que le président du Conseil Mr Saley Saibou ,soucieux de la défense des intérêts moraux et matériels des entreprises du Niger sans exception, tape sur la table pour  dire  au Ministre des Finances qu’il n’ y a aucun représentant du Patronat nigérien dans le comité. C’est donc suite à cela que le  ministre a adressé un courrier leur demandant de désigner un représentant du Patronat, en la personne du Ministre IBA Hamed Ibrahim qui a été désigné comme représentant du patronat Nigérien, a-t-il déclaré.  Mais jusqu’à là aucune  réunion n’est convoquée  pour que le représentant leur fasse un feedback de la situation actuelle de la chose, insiste t-il.

‘’ Sachez qu’on n’a été ni consulté ni associé dans la constitution du comité, s’indigne Mr Boubakari.  On ne peut pas dire qu’on va constituer un fond d’appui au secteur privé sans associer pleinement les représentants du secteur privé.’’

Le secrétaire exécutif du CNPN explique qu’au début de l’année passée un forum a été organisé à paris , une rencontre avec les investisseurs pour laquelle le CNPN n’a reçu d’invitation même s’il est le représentant des entreprises du secteur privé  du Niger , alors qu’il doit accompagner la délégation présidentielle et rencontrer les grands investisseurs étrangers à la table ronde. « Cela veut dire qu’on nous a écartés car en aspect technique les investisseurs ne doivent travailler qu’avec les investisseurs. Récemment aussi avec l’appui de l’Etat pour accompagner les entreprises de la crise liée au covid 19, c’est la chambre de commerce qui a été désignée pour représenter le secteur privé, or en aucun cas la chambre de commerce ne peut être représentante du  secteur privé à la place du Conseil National du Patronat du Niger.

Là aussi on a été écarté, a -t-il lancé.  Au niveau du CNPN ils pensent que les responsables administratifs n’arrivent  pas à faire la différence entre la chambre de commerce et le patronat du pays. Pour eux on a les mêmes missions alors que il y’a une nette différence entre la chambre de commerce et le CNPN dit le secrétaire exécutif.  Deuxièmement il y’a les autorités qui n’accordent pas une grande importance au rôle du CNPN. Certes dans certains comités, certains organismes on nous invite mais est-ce qu’ils tiennent compte de nos doléances, de nos propositions s’interroge-t-il.

Nous ne voyons toujours pas les fruits. Nous décrions énormément cela  par ce que,  c’est dans l’intérêt du développement économique et social du Niger. Le développement socio-économique d’un pays dépend du développement solide du secteur privé qui d’ailleurs aide l’Etat en payant la majorité de l’impôt et des taxes, ce qui constitue ses plus grandes ressources, explique-t-il.

Donc l’Etat même a intérêt à collaborer étroitement avec le CNPN pour espérer encore une mobilisation davantage des ressources financières,  soutient le secrétaire exécutif.

En plus, Chaque année nous organisons des dizaines de rencontres d’informations et de sensibilisations pour informer nos structures membres que le CNPN ne peut être fort que lorsque ses membres sont en règle vis à vis des impôts ,  de la douane … Nos structures membres sont en règle contrairement à l’Etat qui a beaucoup d’entreprises dont les dettes courent toujours au niveau du trésor,  décrit-il.

Enfin, il lance  un appel à tous les membres  du conseil national du patronat du Niger d’être vigilants et rassurants car le président Saley Saibou a mis en place un comité qui va veiller sur le comité mis en place par l’Etat et heureusement qu’ils ont désormais un représentant.

«Nous avons notre œil sur le fonctionnement, la répartition de l’appui.

Et nous dirons que ce sont Les PME qui deviendront demain les grandes entreprises qui permettront à l’Etat d’avoir beaucoup de ressources financières, a-t-il conclu.

 

HAMIDOU SALEY Mouhamed

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *